C'est Chateaubriand qui a raison : « Toute révolution, écrit-il, qui n'est pas accomplie dans les m½urs et dans les idées échoue »
Je me demande si dans mon cercle-privé" d'amis :p lol... il y à des personnes qui lisent les chroniques d'abonnés sur
le Monde.fr... bref
Je vais copier une chronique du 19.09.09 de Myriam KIPROKO, femme de chambre , que j'ai adorée :
Chéri je m'en vais
Les musiciens et les artistes meurent parfois d'une blessure qui les transperce comme la flèche empoisonnée d'un esprit maléfique, qui attaque la fragilité de l'âme comme une ordure s'en prendrait à un môme... C'est le cancer Chéri, ça s'appelle, quand il y a trop d'espace entre le soi et le moi, où quand une grande ombre grise vient manger le soleil en nous... ça tue, ça laisse exsangue de ces rires qui font que les matins sont légers comme le duvet des oiseaux.
Alors Chéri je me barre , je m'en vais , pardon, oui c'est vrai la France aujourd'hui, c'est quand même plus les héritiers de Louis XIV que des Lumières et de 1789. Il y a une frange de mecs qui sont nostalgiques du temps où le pouvoir était de droit divin, il venait sur le berceau de l'enfant, blanc, riche et lustré, comme une bonne fée qui lui évitait toutes les épreuves de l'existence : perdre, se perdre, mordre la poussière, tomber de cheval, se faire mal, être abandonné... Genre de chutes que tout un chacun croise un jour ou l'autre. Sauf si il nait coiffé des valeurs ambiantes qui font le Pouvoir... Qui lui donne une forme de bouclier existenciel en carton pâte, car "Malheur aux vainqueurs"...
Alors on voit cela aujourd'hui, ces petits mecs qui n'ont rien, je veux dire rien de fait, rien de créé avec leurs mains, leur coeur, rien quoi, sinon une vague appartenance au clan des ancêtres fantômatiques qui avaient le pouvoir, par le rang, un néant arômatisé au vide des salons de leurs familles blafardes, pouvoir absolu de droit divin, sur l'autre, sans discuter, t'avance ou je t'en colle une mec, c'est ainsi. C'est mon Hieros Gamos à moi, hiérarchie, liens sacrés, récupérés par ce qui en l'homme lui évite les tragédies inhérentes à l'existence : la perte, l'abandon, la solitude, la silence de Dieu, le souffle au coeur.
Le pouvoir matérialiste qui ne repose que sur la force, la terreur, et de battre nos coeurs ne pourront que s'arrêter , car bien sûr, la vraie vie est ailleurs, elle coule, rivière argentée, comme un coeur d'enfant chagriné, comme la paupière d'un être ému, comme la flamme qui vacille au vent d'un baiser entre deux êtres qui s'ouvrent au royaume éternel de l'amour.
Ca, chéri c'est le vrai pouvoir : cet enchevêtrement de captations dorées, cet alambic où se distille le nectar d'un lien qui ne peut venir que d'une contrée, où l'un comme l'autre avons été détroussés de nos valeurs marchandes... tu me tiens je te tiens par la beauté de cet éveil que tu me fais comme on fait un enfant vite fait bien fait, et ces frémissements quand tes paroles entrent dans mon être , ce sont le feu et la lumière de la vie de cette vie que je te donnerai volontiers, si tu me le demandais , si tu me le demandais, comme dit l'autre. Oui, c'est ça la vraie vie c'est ailleurs que dans ces petits mecs bâtis à l'intérieur comme le château de Versailles qui n'avait pas de latrines, ils défèquaient les marquis, les petits nobles, derrière les rideaux ,escortés par des laquais qui à la pelle, ramassaient...
C'est ça le pouvoir chéri, accepter qu'un semblable ramasse son caca, en jouir secrètement, comme une vilenie de droit divin... un jour ou l'autre si la lumière de la transcendance n'éclaire pas ta nuit tu en viens à cette abjection... Fais gaffe chéri. Défais toi...
En 1702, pendant que l'Evêque se mirait à Versailles dans les miroirs frelatés du pouvoir, les textes sacrés étaient lus et relus par les petits Camisards, qui entendaient un autre son de cloche. "Soyez locataire." St Thomas... "Je viendrai comme un voleur..." Ne tirez plus sur ceux qui volent les poules, ils sont peut être l'émanation directe du Christ : un train peut en cacher un autre..
Il est une phrase de Victor Hugo qui a dû germer dans les coeurs de ces "gens de peu", qui n'abjuraient pas, ne défendant pas leur vie matérielle comme un bien de droit divin :
" On ne baillonne pas la lumière ,rien ne dompte la conscience, car la conscience de l'homme, c'est la pensée de Dieu"
Fais gaffe chéri, c'est pire que la grippe et la peste, l'attrait du pouvoir.Fais gaffe.